La culture du viol, ou pourquoi je préfère rencontrer un ours qu'un homme si je suis perdue en forêt

Pour ce deuxième vade-mecum, après le fascisme et l’extrême-droite, je m’attaque à un nouveau sujet léger et bonne ambiance, la culture du viol !

En théorie, tout le monde est contre le viol, cet acte horrible commis par des monstres à peine humains. En pratique ? Outre certains masculinistes qui n’accordent aucune valeur au consentement (et aux femmes en général) et assument haut et fort être en faveur du viol, il existe la culture du viol. Nous vivons dans une société où les violences sexuelles sont niées, minimisées et où les victimes deviennent les suspectes pendant qu’on trouve des excuses aux agresseurs.

Si l’expression « culture du viol » vous paraît exagérée et vous rend incrédules, laissez-moi tout vous expliquer dans ce vademecum, études et chiffres à l’appui.


  1. Les chiffres des violences sexuelles en France ou les conséquences de la culture du viol
  2. Les mythes de la culture du viol
  3. La culture du viol au quotidien : des blagues sur le viol au passage à l’acte
  4. Les ressources pour approfondir
    1. Livres
    2. Articles
    3. Podcasts
    4. Vidéos
    5. Documentaires
    6. Fictions


Partie 1 Les chiffres des violences sexuelles en France ou les conséquences de la culture du viol

Commençons par quelques définitions légales, histoire de tou·tes parler de la même chose, et d’employer un vocabulaire précis et nuancé :

Viol : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. » Article 222.23 du Code pénal.

Agression sexuelle : « Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » Articles 222.22 et 222.27 du Code pénal. Cela comprend les attouchements, l’exhibitionnisme ou encore le harcèlement sexuel.


« De quelque nature qu’il soit » , cela signifie bien que toutes les pénétrations (vaginales, anales ou orales) sont considérées comme étant des viols, qu’elles soient effectuées avec un pénis, un doigt ou n’importe quel autre objet.

Ces définitions ne sont pas parfaites. Elles excluent les personnes qui sont contraintes à pénétrer quelqu’un·e. La formulation de la définition du viol fait que cela n’est pas considéré comme étant un viol puisqu’elles n’ont pas elles-mêmes été pénétrées.

De plus, les conditions « violence, contrainte, menace ou surprise » sont à la fois trop précises (et donc limitatives) et trop vagues, puisqu’elles laissent place à l’interprétation et menacent donc les victimes d’une déqualification des faits.


Harcèlement sexuel : « Est assimilée au harcèlement sexuel toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel, au profit de l’auteur des faits ou d’un tiers. » Définition issue de Service-Public.fr.

Concrètement, le passage du harcèlement sexuel à l’agression sexuelle se fait lorsque le harcèlement devient physique notamment à travers des caresses mal placées (fesses, cuisses, poitrine, entrejambe) ou les fameux « baisers volés » qui ne sont ni plus ni moins que des agressions sexuelles, qu’ils soient sur la bouche ou ailleurs.

La différence entre ce qui est légal et ce qui respecte vraiment le consentement

D’après la loi, un viol est commis par « violence, contrainte, menace ou surprise », mais il ne suffit pas d’éliminer ces quatre éléments pour qu’une relation soit consentie.

Le consentement doit être « donné volontairement, comme résultat de la libre volonté de la personne, évaluée dans le contexte des circonstances pertinentes » (source : Convention dite d’Istanbul, .pdf, 420ko).

Ce qui signifie non seulement qu’il ne doit pas être extorqué à l’aide des moyens cités ci-dessus, mais également qu’il doit être exprimé clairement et avec enthousiasme par une personne en pleine possession de ses moyens, libre et éclairée.

Il faut bien comprendre que plus que tout, c’est le consentement qui prime. Prendre quelques secondes pour demander à saon partenaire s’iel est d’accord pour poursuivre ou s’iel souhaite s’arrêter, c’est au pire risquer de « casser l’ambiance » pendant quelques secondes, ce qui n’est rien à côté du risque de commettre un viol. Le principal n’est pas de savoir si l’on respecte la loi, mais si l’on respecte saon partenaire et son consentement.

Les principaux chiffres en France

En résumé :

  • Les viols sont fréquents : en France, 1 femme sur 6 et 1 homme sur 20 déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viol au cours de leur vie.
  • Les viols sont peu dénoncés : seules 10 % des victimes portent plainte suite aux viols ou tentatives de viol subi·es.
  • Les violeurs restent impunis : seuls 1 % des viols font l’objet d’une condamnation.
  • Les victimes sont mises en cause : pour 4 Français·es sur 10, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude provocante en public ou a flirté avec lui.

Source : association Mémoires Traumatiques, 2016.

Études de victimation

Chaque année, en France, on compte 256 000 victimes de viol ou de tentative de viol : 208 000 femmes dont 124 000 mineures et 46 000 hommes dont 30 000 mineurs (INSEE – ONDRP, 2014 – 2012 et CSF, 2008).

Parmi les personnes de 18 à 69 ans interrogées dans le cadre de l’enquête « Contexte de la sexualité en France » en 2008, 1 femme sur 5 et 1 homme sur 14 déclaraient avoir été victimes d’agression sexuelle.

Plaintes et condamnations

Toujours en France, seuls 10 % des viols (et moins de 2 % des viols conjugaux) font l’objet de plaintes (INSEE – ONDRP, 2010 – 2015). Et toutes les plaintes n’aboutissent pas à des condamnations, loin de là : on parle de 1,5 à 2 % de l’ensemble des viols seulement.

De plus, une étude sociologique menée par Véronique Le Goaziou en 2011 montrait que les personnes condamnées aux assises pour crime sexuel sont majoritairement issues d’une classe sociale défavorisée.

Il y a donc un réel problème d’impunité des violeurs, surtout ceux issus des classes aisées. De plus, la mise en cause des victimes est une seconde violence à leur égard : elles se retrouvent à la fois culpabilisées alors qu’elles ne sont pas coupables, et punies.

Le viol est bel et bien un phénomène de masse.
Le fait qu’il y ait autant de violences sexuelles et aussi peu de condamnations montre bien que notre société les tolère voire les encourage. Comment ?


Partie 2 Les mythes de la culture du viol

La culture du viol a été définie en 1994 par Lonsway et Fitzgerald comme des « attitudes et croyances généralement fausses, mais répandues et persistantes, permettant de nier et de justifier l’agression sexuelle masculine contre les femmes. »

#1 Les « vrais » viols et les « pseudo »-viols

La méconnaissance de la définition légale du viol

  • 1 Français·e sur 4 considère que forcer une personne à faire une fellation n’est pas un viol, mais une agression sexuelle. Faux.
  • 1 Français·e sur 4 considère que réaliser un acte de pénétration avec le doigt sur une personne qui le refuse n’est pas un viol. Faux.
  • Plus d’1 Français·e sur 5 estiment qu’il n’y a pas de viol lorsque la personne cède quand on la force. Faux.
  • 17 % des Français·es estiment que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu’elle le refuse n’est pas un viol. Faux.

Source : association Mémoires Traumatiques, 2016.

Nous avons globalement une représentation erronée des violeurs et des situations de viol.

Dans l’imaginaire populaire, un viol est le fait d’un inconnu dans une ruelle ou sur un parking désert, la nuit ; la victime est une jolie jeune fille, coquette ; le violeur a recours à la violence physique voire à une arme.

Notre éducation en tant que jeunes filles (ou perçu·es comme telles) est fortement influencée par ce mythe : « Ne sors pas habillée ainsi », « Ne rentre pas seule et pas trop tard », « Demande à quelqu’un de te raccompagner », « Restez en groupe »

Tous ces conseils entretiennent le mythe en question. Ces cas existent, mais ils représentent seulement 20 % des agressions sexuelles. Dans les faits, 80 % des viols (94 % si on ne prend en compte que les victimes mineures) sont commis par des proches, membres de la famille ou partenaires. Ils se produisent majoritairement au domicile de la victime, sur son lieu de travail ou d’études, et la plupart ont lieu de jour (source : Zucker, 2005, CFCV, 2003).

Les policier·es, quand iels considèrent que « les circonstances sont floues », emploient le mot « miol », pour marquer la différence avec ce qu’iels considèrent comme un « viol légitime ». Ainsi, une victime qui a bu, qui sortait avec son violeur ou bien qui a accepté de le suivre chez lui risque de voir sa parole remise en question par les personnes censées l’accompagner et la protéger.

Pourtant, la loi est claire : s’il y a violence, contrainte, menace ou surprise, c’est un viol. Point.
Et accessoirement, si la victime a bu, c’est une circonstance aggravante, pas une excuse.

Je le répète donc pour les policier·es (et les autres) du fond de la salle qui n’ont pas suivi et « ont tendance à ne pas croire les victimes » : ce n’est jamais la faute des victimes, absolument rien ne justifie d’ignorer le consentement et l’absence de « non » n’est pas un consentement.

#2 La myriade de fausses accusations

Essayez d’engager une discussion sur le viol, vous verrez, l’argument des fausses accusations interviendra très vite. Et si vous pensez que c’est parce qu’elles sont nombreuses, vous avez tort.

Un des plus vieux clichés au monde est celui de la femme vénale, prête à tout pour arriver à ses fins, surtout à utiliser sa sexualité pour piéger les hommes. Quant aux enfants, c’est bien connu, iels affabulent, leurs souvenirs ne sont pas fiables, iels sont manipulé·es par un parent après une séparation…

Et puis, cet homme qui est accusé, tout le monde l’apprécie, c’est « un mec bien » ; il n’est pas un « monstre », un violeur. Il est difficile d’accepter qu’un proche, quelqu’un qu’on aime, qu’on admire, puisse être un agresseur, surtout quand on a une image erronée de ce qu’est un violeur.

Non, un violeur n’est pas un « monstre », c’est un être humain comme les autres.
Non, un violeur n’est pas un « fou » ou un « malade », ceci est une remarque psychophobe, la santé mentale n’a rien à voir. Seuls 4 % des agresseurs souffrent de maladie mentale.
Un violeur, c’est quelqu’un qui a commis un viol. Rien de plus, rien de moins.

Pour en revenir aux fausses accusations, je ne vais pas vous donner de pourcentage exact. Tout simplement parce que personne ne le connaît. Les différentes études concluent qu’entre 2 et 8 % des accusations de viol sont mensongères, mais il y a un élément très important à prendre en compte : les plaintes pour viol qui sont retirées par les victimes (suite à des pressions ou des menaces par exemple) ou classées sans suite (parce que la police considère que c’est un « miol » par exemple) sont souvent comptabilisées comme « fausses accusations ».

Il y a très peu de fausses accusations, en partie parce qu’une personne n’a aucun intérêt à inventer un viol : dénoncer son violeur (que l’on porte plainte ou non), c’est prendre le risque de voir sa parole remise en cause, d’être accusé·e d’avoir provoqué le viol, de « gâcher la vie » de son violeur (souvenez vous de Brock Turner qui n’a passé que 3 mois en prison, pour ne pas « gâcher son avenir »), de voir sa vie sentimentale et sexuelle exposée au grand jour comme « preuve » qu’on ne peut pas avoir été violé·e, d’être menacé·e et agressé·e en représailles (voir le documentaire Audrie & Daisy sur le sujet)…

À noter que dans une société patriarcale, la valeur d’une femme est, entre autres, directement reliée à sa sexualité – ses antécédents sexuels comme ses comportements, supposés ou réels (cf. le mythe de la virginité). Le viol, c’est donc « la souillure suprême » dans cet imaginaire toxique : encore une raison qui fait que non seulement les victimes se taisent, mais qu’inventer une fausse histoire de viol (le mythe de la vengeance amoureuse ou le « mythe de la femme qui regrette parce que l’homme était un mauvais coup ») est donc hautement improbable, puisque, du point de vue de l’émettrice, cela équivaudrait à sacrifier sa propre respectabilité aux yeux du monde. Il se pose également un problème de représentation culturelle : d’innombrables intrigues reposent sur de fausses accusations de viol ; presque autant si ce n’est plus que d’accusations véritables. Voir de nombreuses femmes machiavéliques détruire la réputation et la vie de pauvres hommes innocents (Gone Girl pour ne citer qu’un seul exemple) nous conforte dans l’idée que c’est quelque chose de courant, alors qu’il s’agit d’un élément narratif éculé et non d’une représentation fidèle de la réalité.

#3 Le victim blaming

La mise en cause des victimes de viol

  • Pour 27 % des Français·es la responsabilité du violeur est atténuée si la victime portait une « tenue sexy » (mini-jupe, décolleté) : victim-blaming.
  • Pour 15 % des Français·es, une victime est en partie responsable de son viol si elle a accepté de se rendre seule chez un inconnu : victim-blaming.
  • 4 Français·es sur 10 estiment que si l’on se défend vraiment autant que l’on peut et que l’on crie, on fait le plus souvent fuir le violeur : victim-blaming.
  • 1 Français·e sur 4 considère que si l’on respecte certaines règles simples de précaution on n’a quasiment aucun risque d’être victime de viol : victim-blaming.

Source : association Mémoires Traumatiques, 2016.

Victim-blaming est un terme anglais que l’on peut traduire par « responsabilisation et culpabilisation de la victime » ; cette expression tend à présumer qu’une victime est en partie, voire entièrement, responsable de qu’elle a subi. Cela revient par exemple à considérer qu’une victime de viol « l’a cherché » en ayant adopté un comportement « provocant » ou par manque de prudence.

Même quand on concède à la victime que le viol est bien arrivé, on va tout de même rejeter la faute sur elle. On va reprocher aux victimes d’avoir bu, d’avoir suivi leur agresseur chez lui, d’avoir eu une attitude provocante d’avoir été naïfe ou de s’être trouvé·e « au mauvais endroit au mauvais moment »… En oubliant que rien ne justifie un viol !

Porter un décolleté ou être très maquillé·e n’est pas une invitation au viol, c’est un choix vestimentaire, qui peut ou non être fait dans un but de séduction, mais qui ne permet pas de présumer ni des mœurs sexuelles ni du consentement de la personne. Rien de plus. Marcher seul·e la nuit ne devrait pas être réservé aux hommes. Et tant d’autres choses.

Ce mécanisme de victim blaming peut s’expliquer comme un moyen de se distancier de la victime pour se sentir moins exposé·e. Comme une agression sexuelle peut arriver à n’importe qui, on va avoir tendance à rejeter la faute sur la victime pour se rassurer et se dire que cela ne nous arrivera jamais. Ainsi, le victim blaming est utilisé comme un mécanisme de protection, un moyen de garder le contrôle.

Ce phénomène est expliqué en psychologie par la « croyance en un monde juste ». Cette théorie, mise en relief par le Dr. Melvin Lerner en 1965, est un biais cognitif qui consiste à penser que les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes et de ce fait, que les mauvaises choses arrivent aux gens qui l’ont bien mérité. Ce biais de la pensée nous permet de réduire notre inconfort quand nous faisons face à des situations injustes. Si le dénigrement des victimes nous permet de nous sentir mieux grâce au rétablissement supposé d’un monde plus juste, il ne faut pas oublier que c’est une vision déformée de la réalité qui ne fait qu’augmenter la souffrance de la victime.

Quand la victime est très jeune, certaines personnes ont tendance à lui prêter une attitude de séduction alors qu’elle ne fait qu’exprimer de la tendresse totalement dénuée d’ambiguïté ; c’est ce que Sándor Ferenczi a appelé la « confusion de langue entre les adultes et l’enfant, le langage de la tendresse et de la passion » en 1932, quand il a décrit le traumatisme subi par l’enfant qui reçoit de la part des adultes qui s’occupent de lui un comportement sexuel en réponse à une demande de tendresse innocente.

#4 La « bonne » et la « mauvaise façon » de réagir à un viol

Oui, certaines personnes pensent savoir quelle est la bonne façon de réagir à un viol. La seule, la vraie, l’unique, l’homologuée. Pour certain·es, une personne qui ne crie pas, ne se débat pas et ne va pas immédiatement porter plainte en cessant tout contact avec son agresseur n’est pas une vraie victime de viol.

C’est complètement faux. Chacun·e réagit différemment, et toutes les réactions sont valides et valables. Certaines victimes vont effectivement crier et se débattre, mais beaucoup sont incapables de réagir, notamment à cause du phénomène de sidération psychique.

#5 Les hommes et leurs « pulsions »

Parmi les nombreux clichés dont nous sommes abreuvé·es, il en est un qui est particulièrement dangereux, celui de l’appétit sexuel insatiable des hommes.

C’est une idée répandue que les hommes ont des gros besoins sexuels, qu’ils ont des pulsions difficiles à contrôler et qu’ils ont physiquement besoin de les assouvir (cf. le mythe des « couilles bleues »).

À côté de ça, les femmes ont la réputation de ne pas spécialement aimer le sexe et de le pratiquer principalement pour satisfaire leur partenaire ou obtenir quelque chose de lui (cf. le mythe de la femme vénale dont j’ai parlé plus haut). C’est particulièrement visible dans les représentations culturelles de l’adolescence, avec d’un côté les garçons obsédés par les filles et avides de sexe et de l’autre les filles en manque de romantisme et de preuves d’amour. Alors que, soyons clair·es, l’intérêt ou le non-intérêt des adolescent·es pour le sexe n’a aucun rapport avec leur genre.

Pour résumer, on nous enseigne qu’il faut contenter les hommes tandis qu’on leur apprend qu’ils doivent être contentés. Et c’est dangereux. Certains hommes pensent que le sexe leur est dû, particulièrement dans le cadre d’un couple. Toute cette éducation orientée par la culture du viol donne des résultats effrayants. 75 % des hommes interrogés parmi ceux qui ont reconnu avoir violé disent l’avoir fait parce qu’ils estimaient que le rapport leur était dû. (Source : ONU, 2013 ; Jeweks R., 2013).

Des stéréotypes sexistes qui perdurent

  • 2 tiers des Français·es estiment que les hommes ont une sexualité plus simple que les femmes : sexisme.
  • 63 % des Français·es considèrent qu’il est plus difficile pour les hommes que pour les femmes de maîtriser leur désir sexuel : sexisme.
  • 3 quarts des Français·es estiment que les femmes ont plus tendance à considérer comme violents des évènements que les hommes ne perçoivent pas comme tels : sexisme.
  • 1 Français·e sur 4 considère que dans le domaine sexuel, les femmes ne sauraient pas vraiment ce qu’elles veulent par rapport aux hommes : sexisme.

Source : association Mémoires Traumatiques, 2016.

#6 Le mythe du non qui veut dire oui :

Bercé·es toute notre enfance par des idées telles que « il faut insister pour obtenir ce qu’on désire », « qui ne dit mot consent » et autres « qui aime bien châtie bien », il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on intègre ces idées. « Tu dis non mais on sait tou·tes que tu le veux bien en fait », « Oh ça va c’était juste un bisou pour rigoler, tu ne vas pas faire une scène pour ça »… Eh bien si. Une scène pour une agression sexuelle, c’est peu cher payé.

De plus, le vocabulaire utilisé pour parler des rapports sexuels entretient cette image violente de la sexualité : « tirer un coup », « se taper une meuf » ou encore « défoncer », c’est bien la preuve ici que le sexe est envisagé de manière agressive.

Quand on sait que la fraternité Delta Kappa Epsilon a été bannie 5 ans du campus de Yale en 2011 après que leur nouvelles recrues ont chanté devant les dortoirs des filles « No means yes, yes means anal » (« Non veut dire oui, oui veut dire sodomie »), on se dit qu’il reste encore beaucoup de travail.

Une forte adhésion à la culture du viol

  • 1 Français·e sur 5 considère que beaucoup de femmes qui disent « non » à une proposition de relation sexuelle veulent en fait dire « oui » : culture du viol.
  • 40 % des Français·es estiment que si la victime a eu une attitude provocante en public, cela atténue la responsabilité du violeur : culture du viol.
  • 1 Français·e sur 5 juge que lors d’une relation sexuelle, les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées : culture du viol.
  • 29 % des Français·es pensent qu’à l’origine d’un viol, il y a souvent un malentendu : culture du viol.

Source : association Mémoires Traumatiques, 2016.

Partie 3 La culture du viol au quotidien : des blagues sur le viol au passage à l’acte

Cette culture du viol prend ses racines absolument partout, et s’étend dans toutes les classes sociales et dans toutes les branches des médias.

Son omniprésence banalise le viol et met en place des conditions favorables pour que les agressions sexuelles soient nombreuses et que leurs auteurs ne soient pas inquiétés.

L’expression « la culture du viol », au singulier, peut induire en erreur, car elle est protéiforme. Elle est constituée de centaines de comportements très différents les uns des autres :

  • les députées sifflées à l’assemblée car elles ont osé porter une jupe ou une robe ;
  • l’utilisation du vocabulaire sexuel ou du viol pour parler de défaite sportive ou électorale : « Mon équipe a perdu 5-0, le viol ! », « Tel politique nous a bien enculé·es », les dessins très inspirés de Marianne violée par telle ou telle réforme… ;
  • l’élection lors des présidentielles américaines d’un agresseur sexuel notoire ;
  • les acteurs et réalisateurs accusés de viol qui continuent leur carrière comme si de rien n’était ;
  • les blagues sur le viol qui rient des victimes ;
  • la représentation faussée du viol dans la culture ;
  • le vocabulaire utilisé, notamment dans la presse, pour parler des crimes sexuels et de la violence conjugale ;
  • le fait d’apprendre aux filles à « ne pas se faire violer » plutôt que d’apprendre aux garçons à ne pas violer 
  • les questions posées aux victimes de viol : « Tu étais habillée comment ? », « Mais tu t’es pas débattue ? »

C’est l’ensemble de ces comportements, et les centaines d’autres que je n’ai pas la place de citer en exemple, qui font la culture du viol. Pour sortir de cette culture de l’impunité, il faut donc tous les éliminer, un par un. Ce sera long et éprouvant, mais c’est nécessaire. Pour qu’enfin, le viol ne soit plus le seul crime dont la victime est presque systématiquement mise en cause.



Partie 4 Les ressources pour approfondir


Livres

De mon plein gré

de Mathilde Forget (2021)

« Je n’ai mangé la main de personne. Je n’ai tué personne. Mais il va falloir me défendre car je suis coupable. Sans victimes déclarées, les crimes n’existent pas. En le révélant, je suis coupable de faire exister le crime. »

Ce livre est formidable, lisez-le.

Disponible aux éditions Grasset (et dans votre librairie indépendante préférée).

Les Orageuses

de Marcia Burnier (2020)

J’ai envie d’extraire mille citations, mais ce qui m’a touchée dans ce livre, c’est pas les grandes phrases, c’est pas les « citations prêtes-à-l’emploi ». C’est la justesse infinie des détails, c’est les petits riens qui convoquent les souvenirs.

Je « pleure » très facilement devant des œuvres, je n’ai pas besoin d’être réellement touchée pour que quelques larmes coulent, la moindre scène un peu mélo dans une série y arrive. Mais là, j’ai pleuré. L’avalanche de larmes, les sanglots qui empêchent de respirer, le ventre qui se tord.

Les Orageuses m’a retourné le bide.

Disponible aux éditions Cambourakis (et dans votre librairie indépendante préférée).

Not that bad – Dispatches from rape culture

de Roxane Gay (2018)

Recueil d’essais sur le viol, les agressions sexuelles et toutes ces choses dont la société tente de nous persuader qu’elles ne sont « pas si graves », Not that bad est un livre puissant et important, probablement le plus dur que j’ai lu de ma vie.

Disponible aux éditions Harper Collins (et dans votre librairie indépendante préférée).

Chavirer

de Lola Lafon (2020)

Énorme claque. J’avais très peur avant de l’attaquer, vu le sujet (et la quatrième de couverture étonnement pédante, très éloignée du livre au final), mais l’autrice n’a pas besoin de décrire pour qu’on comprenne ce qui est arrivé à Cléo et aux autres. Il n’y a pas de voyeurisme. On ne se concentre pas sur l’horreur ou sur les coupables. On suit Cléo, Betty et les autres, ce qu’elles sont devenues. On parle de me too, de silence familial, de luttes sociales et de racisme, mais aussi de sororité.

Disponible aux éditions Actes Sud (et dans votre librairie indépendante préférée).

La Deuxième Femme

de Louise Mey (2020)

Très beau roman, très dur à lire. J’ai été complètement happée et je n’ai pas pu le poser avant de l’avoir terminé.

Attention, TW viol, violences physiques et psychologiques, emprise, mentions de TCA.

Disponible aux éditions JC Lattès (et dans votre librairie indépendante préférée).


Recommandés mais pas (encore) lus :

Focus sur l’inceste :

En complément de cette courte liste, je vous propose de consulter le « recueil des œuvres littéraires qui s’inscrivent dans la lutte contre le déni. » édité par la Ciivise. Vous pouvez le consulter sur le site de la Ciivise (.pdf, 1,9 Mo).

Je me permets une remarque sur le livre My Absolute Darling de Gabriel Tallent qui est présent dans le recueil de la Ciivise. Voici ce que j’ai écrit juste après en avoir commencé la lecture :

« Je ne finirai pas ce livre. Déjà parce que je le trouve atrocement mal écrit. [...] Mais surtout, surtout, la scène de viol incestueux présente au début du livre est atroce. Toutes les descriptions des abus que le père de Turtle lui fait subir m’ont parues… gratuites ? Je n’ai pas pu terminer la scène.

En 18 mois, j’ai lu beaucoup de livres sur le sujet des violences sexuelles, dans des genres assez différents, depuis la fiction de Louise Mey (La Deuxième Femme, Embruns, Les Ravagé(e)s et Les Hordes invisibles) ou de Lola Lafon (Chavirer) à Not that bad le recueil d’essais sur la culture du viol coordonné par Roxane Gay, en passant par De mon plein gré de Mathilde Forget et Les Orageuses de Marcia Burnier.

Tous ces livres étaient difficiles à lire, certains plus que d’autres. Mais jamais ils n’ont été durs à cause de descriptions gratuites. Not that bad est horrible car la culture du viol est horrible et qu’on nous apprend depuis très jeunes qu’il faudra faire avec, que c’est pas si grave, et que c’est probablement un peu notre faute. Les Orageuses m’a fait pleurer à m’en étouffer par la résonance que certaines phrases ont eu.

Mais jamais aucune de ces autrices ne m’a répugnée comme Gabriel Tallent l’a fait.

S’il me fallait une raison de plus pour lire des femmes, la voilà. Je ne sais pas si je ne lirai qu’elles, mais sur ces sujets là c’est définitif.

Je ne veux plus lire de scène de viol écrite par un homme. »

Je sais que ce livre est unanimement apprécié, mais je tenais à faire cette remarque, parce que cette scène m’a réellement dérangée et que je crois en l’importance des content warning et trigger warning.


« A lot of men interpret politeness from women as flirting because they themselves would never show even the barest courtesy to a woman they found unfuckable. »


Articles

Note : je cite autant que possible des articles librement disponibles, mais ça n’est pas toujours possible. Les abonnements permettent de soutenir une presse indépendante de qualité, je ne peux donc que vous encourager à vous abonner à la hauteur de vos moyens.


Assassinées // Une femme sur six // Après le viol

Tout au long de 2023, Les Jours a consacré une série d’articles aux féminicides. Chaque mois, deux articles : un premier, qui recense les féminicides du mois précédent, et un deuxième qui enquête sur un aspect particulier de ces meurtres. C’est une lecture difficile, mais nécessaire.

En 2024, Les Jours commencent une nouvelle série d’articles, qui se concentreront cette fois sur les violences conjugales, qui touchent une femme sur six en France.

Enfin, dans l’obsession Après le viol, Jeanne Casez et Louise Vallée s’intéressent aux femmes victimes de violences sexuelles face aux gynécologues. Comment examiner sans retraumatiser ? Comment aider à la guérison ?

Je tiens à souligner la qualité du travail des Jours. Leur format d’« obsessions » leur permet de traiter leurs sujets en profondeur, de s’attarder sur certains points survolés ailleurs, de réaliser un vrai travail d’enquête. Soutenez Les Jours si vous le pouvez.


« On a longtemps parlé de “crimes passionnels”. Puis la société a peu à peu compris qu’il n’y a ni amour ni passion quand un homme tue une femme. »


La culture du viol

Valérie Rey Robert définit plutôt succinctement la culture du viol, dans un bon article ressource.

Article en libre accès de Valérie Rey Robert

Zone grise

Je vous recommande la lecture de ce très beau texte de Johanna Luyssen. C’est dur mais important.

Article en accès libre sur Medium – Déjà cité dans #DMH41

Ce que l’interview d’Adèle Haenel dit du rapport des adultes aux adolescentes

Titiou Lecoq revient sur un point abordé par Adèle Haenel lors de son interview sur Mediapart : le moment charnière de l’adolescence, quand on n’est plus une enfant mais pas tout à fait encore une adulte.

« Comme si on était soit une enfant, soit une jeune femme, mais qu’il n’existait rien entre les deux. Est-ce qu’il faut vraiment avoir été une fille de 12, 13, 14 ans pour se rendre compte d’à quel point cette idée est stupide? »

Article en accès libre sur Slate – Déjà cité dans #DMH40

La Marche manquante

Je cite encore et toujours cet article qui m’a suffisamment marquée il y 8 ans pour que je décide de le traduire ; et auquel je pense encore extrêmement régulièrement. C’est, aujourd’hui encore, la meilleure explication que j’ai lue sur le sujet.

Article en libre accès sur mon blog

« Une soirée tout ce qu’il y a de plus chouette s’est transformée en tout ce qu’il y a de plus sordide »

J’ai lu ce (long) récit d’une traite. C’est le témoignage d’une française qui vit en Australie. Elle a été violée, a porté plainte, et son violeur a été jugé et condamné. Elle décrit en détail la façon dont elle a été accueillie puis soutenue par les différent·es intervenant·es (policier·es, médecin, assistante sociale, psy, prosecutor, sollicitor...), ça m’a fait l’effet d’un roman de SF où on découvre une société beaucoup plus avancée et idéalisée.

Il n’y a absolument aucun point commun avec ce qu’on m’a raconté de l’accueil au commissariat en France pour les victimes de viol. Elle mentionne d’ailleurs deux autres affaires, une en France et l’autre en Allemagne, et ça n’est pas glorieux.

C’est une lecture difficile (elle décrit plusieurs fois son viol, parle des conséquences psy, et les mensonges du violeur au procès sont également durs à lire), mais c’est écrit par la victime, donc il n’y a pas la moindre trace du voyeurisme courant dans les articles relatant un viol et le procès qui a suivi.

Je crois que j’ai mis le doigt sur ce qui rend cet article foncièrement différent de tout ce que j’ai lu sur le sujet jusque là : il me fait réaliser qu’un autre système est possible.

Qu’on n’est pas condamnées à être accueillies comme des merdes au commissariat

Qu’on n’est pas condamnées à voir notre parole remise en question, notre tenue critiquée, nos actes jugés, la quantité d’alcool qu’on a ingéré mise dans la balance.

Qu’on n’est pas condamnées à voir toute notre passé scruté.

Qu’on n’est pas condamnées à voir nos vies et notre santé physique et mentale jugées moins importantes que le potentiel de nos agresseurs (je pense à la victime de Brock Turner, le « violeur de Stanford »)

Ça ne règle pas miraculeusement tout, mais si on pouvait au moins éviter que les victimes subissent une double voire une triple peine après le viol, ça serait déjà un grand pas en avant. Si vous le pouvez, lisez-le.

Article en accès libre sur Slate – Déjà cité dans #DMH44



Podcasts

C’est quoi l’amour, maîtresse ?

« Depuis que Lolita Rivé est devenue institutrice, elle a souvent été confrontée à des réflexions sexistes, à des insultes homophobes entre les élèves, voire à des agressions. Elle a aussi remarqué que ses élèves étaient assez ignorant·es en ce qui concerne leur corps et son fonctionnement. Pour tenter d’y remédier, elle a mis en place des séances d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle avec sa classe de CE1, et elle les a enregistrées.

Dans « C’est quoi l’amour, maîtresse ? », elle mène l’enquête : à quoi doit ressembler un enseignement à la vie affective adapté pour des enfants de 7 à 8 ans ? Pourquoi si peu d’élèves bénéficient de cours d’éducation à la sexualité en France, alors que c’est un enseignement obligatoire du CP à la terminale depuis 2001 ? Pourquoi y a-t-il tant de résistances ?

Lolita Rivé a donné la parole à celles et ceux qui sont complètement opposé·es à cet enseignement à l’école, mais aussi à des psys, des chercheur·ses qui nous expliquent pourquoi offrir une éducation complète à la vie relationnelle, affective et sexuelle, ça pourrait changer notre société toute entière… »

Je vous recommande vivement l’écoute de ce podcast en 5 épisodes.



Vidéos

Comment le masculinisme menace les femmes et toute la société

« À l’heure où la parole des femmes se libère, le mouvement masculiniste se renforce. Des discours anti-femmes prolifèrent sur les réseaux sociaux : on y apprend que les femmes doivent être soumises, rester à leur place, qu’il faut que les hommes “réaffirment leur virilité”, certains propos banalisent même le viol voire… le meurtre de femmes. Via des vidéos sur des cours de séduction, de musculation, ou au détour d’une simple recherche Google, on peut tomber dans la boucle algorithmique masculiniste. Cette haine ne se limite pas aux frontières d’Internet, aux États-Unis, ce phénomène est si puissant qu’il mène parfois à des attentats perpétrés à l’encontre des femmes, assassinées pour le simple fait d’être… femmes. Comme la haine des femmes a-t-elle pris autant de place sur les réseaux sociaux ? Comment pouvons-nous lutter contre ce phénomène ? Pour répondre à ces questions, Salomé Saqué interview Pauline Ferrari, une journaliste qui a enquêté pendant plus d’un an sur cette thématique.


Inceste, pédocriminalité : « La réalité la plus déniée de l’histoire »

Édouard Durand, l’invité de cette émission, est juge des enfants et co-président de la Ciivise (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants)*. Dans cet entretien, il propose des solutions non pas individuelles mais collectives, il explique quelle(s) doctrine(s) le gouvernement pourrait mettre en place pour identifier les enfants victimes, et surtout pour les aider une fois qu’iels sont identifié·es.

C’est de loin ce que j’ai entendu de mieux sur le sujet, ne vous arrêtez pas au titre et à la miniature de la vidéo.

* Il a été evincé par Emmanuel Macron le 11 décembre 2023.

Adèle Haenel

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous encourage grandement à écouter la longue interview qu’Adèle Haenel a donné sur Mediapart en novembre 2019. Pour citer Titiou Lecoq, « elle alliait la puissance du témoignage, la lucidité de sa position et la synthèse d’analyse, c’était comme si ce qu’on répète depuis des années était résumé, condensé, porté, incarné, illuminé. »



Documentaires

Audrie & Daisy (2016)

Disponible sur Netflix

Ce documentaire revient sur les « affaires » Audrie Pott et Daisy Coleman, deux adolescentes américaines qui ont été violées par des adolescents, puis ont vu les photos ou la vidéo de leur agression diffusées largement, et ont vécu des campagnes de cyberharcèlement allant, dans le cas de Daisy Coleman, jusqu’à une tentative d’incendie de sa maison. Des policiers à la justice en passant par les élus locaux, aucun adulte en position de responsabilité n’a aidé ces adolescentes. Le shérif en charge de l’affaire de Daisy est l’incarnation de la culture du viol.

« You have no idea what it’s like to be a girl »
Audrie Pott

Athlete A (2020)

Disponible sur Netflix

Ce documentaire suit l’équipe de journalistes d’investigation qui a mené l’enquête sur le docteur Larry Nassar, médecin de l’équipe USA Gymnastics, accusé d’avoir agressé sexuellement des dizaines d’athlètes pendant 25 ans. Le documentaire se penche longuement sur tout le système qui a protégé Larry Nassar et lui a permis d’agresser en toute impunité des enfants et des adolescentes de 1992 à 2017, faisant plus de 265 victimes.

La fabrique du mensonge : Affaire Johnny Depp/Amber Heard - La justice à l’épreuve des réseaux sociaux (2023)

C’est peut-être le meilleur exemple de l’influence qu’a le masculinisme sur nos sociétés : le procès en diffamation entre Johnny Depp et Amber Heard. La journaliste Cécile Delarue est revenue sur la frénésie médiatique et la campagne de haine et de dénigrement qui ont visé Amber Heard, dans un excellent documentaire d’1h40. À regarder si vous vous êtes intéressé·es à l’affaire, mais surtout si vous ne l’avez pas suivie, car la réthorique masculiniste s’est infiltrée absolument partout, même chez celleux qui pensaient y échapper en se tenant loin de cette affaire.

The Invisible War (2012)

Docu pas vraiment indispensable, mais qui se penche sur l’armée américaine et sur comment les victimes d’agression et de viol sont maltraitées par le système pendant que leurs agresseurs continuent leur carrière ; étant même pour certains nommés « soldat de l’année » durant l’enquête les concernant.


Recommandés mais pas (encore) regardés :

Fictions

How to have sex (2023)

C’est l’histoire tout à fait ordinaire de 3 adolescentes qui partent en vacances ensemble. On voit la séduction, le manque de confiance en soi, la jalousie et les coups bas ; et puis on voit le garçon qui fait semblant de ne pas comprendre le manque de consentement, on voit celui qui se doute mais préfère ignorer le comportement de son pote.

C’est tout à fait ordinaire, et c’est glaçant. L’actrice principale est formidable.


Recommandés mais pas (encore) regardés :


Comme je l’indiquais dans l’introduction, cet article est prévu pour être complété, au fur et à mesure que je tombe sur de nouveaux articles, de nouvelles vidéos, ou que j’ai le temps de lire de nouveaux livres. N’hésitez pas à me recommander des sources intéressantes en commentaire !