Sherlock Holmes

Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… 

J’avais apprécié le premier volet, qui était un honnête divertissement. Un peu lourd, mais sympathique. Celui-ci est juste lourd. Guy Ritchie a enclenché la machine à effets spéciaux et nous les sert par pack de douze : ralentis, incrustations 3D, effets sonores, mouvements de caméra complètement incompréhensibles et injustifiés…

De toute façon, je ne vois pas comment justifier quoi que ce soit, vu la vacuité de l’histoire. Je connais très peu l’univers de Sherlock Holmes, ayant seulement lu Le Chien des Baskerville, mais je suis persuadée que c’est plus fouillé que ça, que les enquêtes ne sont pas torchées en 15 pages entre deux bagarres.

Sherlock & Watson

Dans le film, Moriarty n’a aucune carrure, il se contente de faire le malin avec ses pièces d’échec et de blablater un peu (mais aucune punchline au potentiel nanardesque :/). J’ai du mal à imagine le Némésis de Sherlock Holmes comme ça. J’ai tendance à juger les (super)héros à leurs ennemis, et avec ce professeur Moriarty en carton, Sherlock est mal barré.

La tentative de double sens sur la relation entre Holmes et Watson est assez foireuse, il aurait fallu à mon avis la jouer jusqu’au bout ou s’abstenir. Au niveau des acteurs, Jude Law et Rachel McAdams sont là pour le quota de fossettes, Jared Harris est assez mauvais et Robert Downey Jr cabotine, comme d’hab’.

Visuellement, c’est souvent à vomir, conséquence des effets cités plus haut. Le reste du temps, quand la caméra est assez stable pour qu’on puisse voir quelque chose, c’est pas trop mal. Des couleurs vieillottes, des décors sympas, rien d’extraordinaire, mais ça marche. Du moins, c’est ce que j’attendais d’un blockbuster d’époque. Les infographistes 3D se sont bien amusés pour la scène dans les bois, c’est dommage qu’ils aient utilisé un preset de flammes de Windows Movie Maker pour le tir du gros canon, le reste des VFX était plutôt pas mal.

Sherlock & Moriarty jouent aux échecs

La mise en scène est mauvaise, les combats sont un mélange de Matrix et Walker Texas Ranger. Il y a plein de plans faciles et totalement clichés, comme celui de Moriarty qui claque une pièce d’échec sur le plateau de jeu avec une musique dramatique et la pièce au premier plan qui prend tout l’écran. Bonjour la subtilité. Il ne manquait plus que le rire démoniaque et ça aurait fait un très bon plan pour un épisode de l’inspecteur gadget. Par moment, il y a des plans sympas, mais ils sont noyés au milieu des travellings et des plans d’ensemble prétentieux et ils ne suffisent pas à les faire oublier.

Je n’ai aucun souvenir de la musique s’il y en avait, j’ai juste retenu les bruitages lors des ralentis. C’était mal fait, sans intérêt et ça m’a filé mal au crâne.

Dernière chose, ce qui m’a le plus énervée dans le film : les « moments de génie » de Sherlock. Qu’est-ce qui leur a pris de les mettre en scène avec un mélange flashback, flashforward et ralentis ? Ça casse complètement le rythme des scènes, c’est pas forcément compréhensible au départ, et ça devient carrément ridicule lors de la dernière scène avec Moriarty lorsque c’est couplé avec une voix off.

Ça mérite 2, je met 3 parce que j’aime bien voir Robert Downey Jr cabotiner 😀