J. Edgar de Clint Eastwood

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.

Je suis assez bon public pour les biopics, j’aime bien ça et je suis prête à pardonner quelques longueurs. Je pense que ma note a aussi profité du capital sympathie de Clint et Léo.

Oui mais. Le film est prémâché, sans subtilité, trop scolaire. Clint nous fait un joli exposé de 4ème, il récite bien gentiment la vie de J. Edgar pendant 2h, mais ne creuse rien. Et pourtant, vu le bonhomme, il y avait de quoi faire beaucoup plus intéressant, que ce soit sur les questions d’identité sexuelle pour un homme à ce poste à cette époque, sur la création et le développement du FBI (en creusant vraiment, pas en montrant un gus renifler du bois pendant 20 minutes) ou sur la paranoïa américaine…

Je trouve vraiment dommage qu’Eastwood se soit tellement appesanti sur la relation entre J. E. Hoover et Clide Tolson alors qu’il y avait tant d’autres choses à dire sur l’un des hommes les plus puissants de l’histoire des US ! Je trouve aussi la construction du film, qui repose sur beaucoup de flashbacks, un peu bancale, malgré quelques beaux raccords (Hoover rentre dans un ascenseur dans les années 60 et en ressort dans les années 30, par exemple).

J. Hoover et Clide Tolson

DiCaprio, Naomi Watts et Judi Dench sont très bons, par contre Armie Hammer faisait acte de présence à mon avis. Niveau réalisation, c’est assez « neutre », c’est-à-dire pas particulièrement mauvais, mais il n’y avait rien de remarquable. Pas de plans particuliers, de belles couleurs et de beaux décors, mais sans plus. Et surtout, ces maquillages ! Sérieusement ? Sur Hoover ou Helen Gandy ça passe encore à peu près, mais on dirait que Clide vient de se faire entarter !

Et la musique ! Je vote pour l’interdiction de la fonction « choir » des synthés. Le recours à des effets si faciles, ajouté à quelques notes de piano pour bien marquer les moments d’émotion, c’est le niveau 0 de la subtilité. Je crois que c’est ce qui m’a le plus emmerdé dans le film en fait.