Nymphomaniac

Lars Von Trier est un poseur. Un foutu poseur.

Je n’avais vu aucun de ses films avant, et j’en avais pas tellement envie, à vrai dire. Et j’aurai peut-être du en rester là.

J’ai su que je n’allais pas aimer Nymphomaniac dès la première (non-)scène. Après un panneau nous expliquant que ce qu’on va voir n’est qu’une version censurée et remontée non validée par le réalisateur (tentative de polémique ?), on a droit à un plan noir d’1min30 avec des sons d’ambiance en fond. Ok, ça commence mal.

La suite, c’est un ramassis de scènes plus ou moins intéressantes, avec Charlotte Gainsbourg en voix off TOUT LE LONG DU FILM. 2h de voix off quasiment non stop. Sérieusement ?

Joe se fait déflorer à l’arrache par mobylette-man. Joe couche avec des inconnus dans le train pour gagner un paquet de bonbons. Joe est une maison de passe à elle toute seule. Joe couche aussi avec des hommes mariés à des femmes complètements névrosées.

Tout ça entrecoupé de scène où Joe et le vieux discutent. Seligman part dans de grandes métaphores sur la pêche, sur l’orgue et je ne sais plus quoi d’autre… C’est faussement intelligent, c’est m’as-tu-vu, c’est pédant. L’illustration automatique du propos avec un hameçon, un avion ou un léopard est ridicule. Le but c’était quoi, d’intellectualiser le dialogue pour que le cul ait l’air plus choquant en comparaison ? Non parce que pour voir un mélange réussi entre érudition et cul, y’a hysterical litterature.

Formellement, c’est pas fameux. La réalisation n’est pas forcément mauvaise (même si j’ai cru voir un certain nombre de faux-raccords), mais ça regorge d’effets faciles et/ou inutiles. La vue aérienne de Joe en train de se garer avec les angles d’approche dessinés au sol, j’aurai pu trouver ça très bien dans un autre film, mais je ne vois pas ce que ça vient faire ici. Le cut screen pendant tout le blabla sur la musique, j’ai trouvé ça ridicule.

D’ailleurs, je pense que ce chapitre représente bien le film :

Joe demande à Seligman de mettre de la musique. Il part dans une explication sur la musique, l’orgue, l’accord du diable etc. Elle en profite pour raconter une de ses expériences. Elle choisit de parler de 3 de ses amants. F représente la première partie de l’accord. On les voit en train de baiser, il est le gros nounours gentil, blablabla, il la prend sur ses genoux, il la lave à l’éponge… Split screen, on a droit à un montage de leurs différentes scènes ensemble sur le tiers gauche de l’écran. Deuxième amant, je sais plus qui. Pareil, on le caractérise, ils baisent. Re-split screen, les scènes du nounours à gauche, lui au milieu. Troisième amant, le mec sauvage. Il attend quelques secondes avant d’entrer quand elle lui ouvre parce que c’est un true rebelz. Il la prend en levrette en lui choppant les cheveux, parce que c’est un true rebelz. Il fait très sous-Khal Drogo à vrai dire. Pouf ! Dernier split screen, on voit les 3 montages côte à côte, et Charlotte Gainsbourg nous réexplique une dernière fois qu’on est en train de voir une référence très subtile à l’accord du diable, au cas où on n’ai pas bien compris.

On m’avait dit que von Trier réalisait des films complexes qui mettent mal à l’aise, qui choquent, qui maltraitent… J’ai vu un poseur qui essaye de choquer, mais n’arrive qu’à se rendre ridicule. Le summum du ridicule reste la suite de plans fixes sur des pénis avec Charlotte Gainsbourg encore et toujours en train de blablater en voix off. Oh mon dieu ! Il a montré une vingtaine de bites, je ne vais jamais m’en remettre ! J’en reviens à ce que j’ai lu au moment du scandale sur la prestation de Miley Cyrus aux VMA : « les mouvements de danse qui miment l’acte sexuel, ça n’est plus choquant depuis Elvis ! »

Après, peut-être que je suis stupide et que je suis passée à côté du film, que je ne l’ai pas compris ou quoi, mais même si c’est le cas, je n’ai pas l’impression de perdre grand chose. Pour regarder un bon film, j’ai de quoi faire chez les autres réalisateurs, pour voir du cul, autant regarder un porno.