L'Aurore

1927.
Ce film a été réalisé en 1927.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en regardant l’Aurore, je crois que j’étais intimidée par son statut d’oeuvre culte, désignée par François Truffaut comme « le plus beau film au monde ». Je n’ai regardé que peu de films muets, et j’avais peur de ne pas rentrer dans l’histoire, de m’ennuyer… J’aurai difficilement pu être plus à côté de la plaque !

Alors, oui, le jeu d’acteur est surprenant au départ (il parait que c’est ça, l’expressionnisme allemand), mais s’arrêter à ce point de détail, ça serait se priver d’un chef d’oeuvre.

L’histoire est simple : un homme de la campagne est séduit par une femme de la ville, qui le convainc de tuer son épouse pour s’enfuir avec elle. En fait, l’histoire n’est qu’un prétexte. D’ailleurs les personnages n’ont pas de nom, on ne sait pas où ça se passe, et on s’en fout : l’Aurore nous raconte une histoire universelle.

Visuellement, Murnau a 50 ans d’avance. 100 ans peut-être, même. Chaque plan est un tableau, chaque image est parfaite. La lumière des scènes de nuit, la beauté des plans, les effets de fondu… Tout est absolument parfait, sans pour autant crier « regardez moi ! Je fais des jolis plans ! Tu l’as vue ma grosse caméra panoramique-3D-sur-grue-avec-filtre-instragram-intégré ??? »

La scène durant laquelle l’homme est rongé par le doute, avec la femme de la ville qui lui « apparaît » comme un fantôme est la plus belle chose que j’ai vu de l’année, sans aucun doute possible. Je n’ai aucune idée de comment Murnau a pu réaliser ça à l’époque, et si vous voulez mon avis, c’est de la magie pure et simple.

L'Aurore

Techniquement, l’Aurore est irréprochable. La mise en scène, la lumière, le montage, les effets spéciaux… Tout est parfait. Peu importe. Pendant 1h30, on est pris par l’histoire, par les sentiments. On rigole, on pleure, on a peur… Vraiment, le tour de force de l’Aurore, c’est de nous faire ressentir autant de chose sans en avoir l’air.

1927.
Ce film a été réalisé en 1927 et il est parfait.