Boyhood

J’avais très peur en allant voir Boyhood. Parce qu’il dure près de 3h, qu’il est encensé de partout et que j’en attendais beaucoup avec le gros risque d’être déçue… Je crois que j’avais surtout peur que le seul intérêt du film soit le fait que Richard Linklater a filmé les mêmes acteurs pendant 12 ans.

Sauf que. Je n’ai pas vu passer le temps, et j’aurai bien signé pour quelques minutes (heures ?) de plus. Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler, on suit Mason et sa famille, son père, sa mère, ses beaux-pères, sa sœur. On les voit grandir, mûrir, changer, on s’attache à eux, et pour le coup le fait de garder les mêmes acteurs participe au sentiment d’immersion.

Le ton est très juste, c’est rare de voir un film qui capture aussi bien le passage de l’enfance à l’adolescence, avec toutes les difficultés que ça implique. C’est vraiment intelligemment écrit, ça reste pudique quand il le faut, il n’y a pas de grands effets de pathos, la vie des personnages se suffit à elle-même. Ça m’a un peu fait penser à Tomboy ou Mud dans la manière de montrer l’enfance de manière nuancée, intelligente.

Je me suis reconnue dans plein de choses, parfois dans des détails, des attitudes, des références culturelles (qui pour une fois n’avaient pas l’air d’être lâchées là pour le fan service), j’ai trouvé le film sincère si tant est que cet adjectif puisse s’appliquer à une oeuvre de fiction.

Je suis sortie de la salle dans une petite bulle de bonheur.