Il y a quelques semaines, j’ai posté une suite de tweets détaillant par le menu le déroulement d’une crise d’hyperphagie.

Cela fait un moment que je parle de mes TCA sur internet, mais jusque là, je m’étais contentée d’en évoquer l’existence, plus ou moins directement, notamment pour rappeler qu’il faut les prendre en compte quand on parle de véganisme.

C’était désincarné et bizarrement lointain pour quelque chose d’aussi intime et d’aussi prégnant sur ma vie.

Et puis, suite à un message particulièrement indélicat, j’ai craqué. Face à des gens qui minimisent les TCA, j’ai expliqué. Pas de façon calculée et impersonnelle comme j’avais pu le faire jusque là, mais avec mes tripes, sans mesurer le moins du monde à quel point je me livrais.

Mes messages ont été relayés par 2 puis 10 puis 100 personnes. Au fur et à mesure des RT, j’étais partagée entre la gêne de voir quelque chose d’intime diffusé largement et la joie d’être utile, que ce soit en permettant à des personnes de découvrir la réalité des TCA ou en rassurant d’autres sur le fait qu’elles ne sont pas seules.

Quel que soit le sujet, les articles qui m’incitent le plus à réfléchir et ont un impact durable sur mon comportement et mes réflexions sont généralement des témoignages. Je n’ai pas forcément besoin de lire des textes très intimes pour être touchée, mais sentir que les exemples ne sont pas fictifs et que l’auteurice est directement concerné·e change tout pour moi.

De plus, les personnes concernées ont un avantage sur les théoricien·ne·s et autres universitaires : elles connaissent les implications pratiques de ce dont elles parlent, les conséquences indirectes et les aspects trop souvent ignorés.

Dans le cas de l’hyperphagie, je pense notamment à l’impact financier. Je l’ai très rapidement mentionné dans ma suite de messages et ai reçu de nombreux retours sur ce point en particulier, de personnes touchées par l’hyperphagie ou la boulimie qui étaient contentes que ce point soit enfin abordé.

Alors oui, j’ai raconté quelque chose d’intime, je me suis livrée plus que je ne l’aurai fait à tête reposée, mais je ne regrette pas une seconde : en 2 ans, c’est la première fois que j’ai l’impression d’avoir un réel impact. Et, accessoirement, vider mes tripes m’a fait un bien fou.