Comme j’en ai un peu parlé récemment, j’ai commencé (avec une bande de personnes plus merveilleuses les unes que les autres) à travailler sur un projet de magazine en ligne.

Parmi les choses qui nous tiennent à cœur et que nous souhaitons appliquer dès le début du projet, il y a l’accessibilité et l’inclusivité.

L’accessibilité numérique, si vous faites des sites web, vous est probablement quelque chose de familier. Sinon, il s’agit de rendre accessible un site à toute personne, quel que soit son handicap (moteur, mental, sensoriel), son matériel (vieux pc, connexion lente, appareil mobile…) ou sa situation (bruit etc).

Notre magazine étant né d’une envie de contenus féministes réellement inclusifs, c’est-à-dire pas uniquement écrit par et pour des femmes cisgenres hétérosexuelles blanches & valides, il nous parait primordial d’adopter une écriture inclusive.

Pris séparément, ces deux axes de travail ne nous posent pas de problèmes particuliers, cependant nous souhaitons nous assurer que l’écriture inclusive ne rendra pas la consultation du magazine plus compliquée à nos lecteurices utilisant un lecteur d’écran.

N’ayant pas trouvé de ressource toute faite pour savoir quelle forme d’écriture inclusive est la plus accessible, je me suis chargée de faire quelques tests avec les outils d’accessibilité d’Android & d’Apple (merci à @iergo pour la suggestion 🙂 )

Quoiqu’il arrive, montez le son de votre téléphone et ouvrez l’application que vous voulez tester AVANT d’activer Talk Back ou Voice Over pour la première fois, ça vous évitera de vous énerver pour rien (non, ça ne sent pas le vécu !).

 

EDIT : Comme signalé en commentaire, j’avais oublié les points médians, erreur réparée 🙂
J’ai donc testé quatre cinq phrases :

  1. Iels sont enchantéEs.
  2. Iels sont enchanté-e-s.
  3. Iels sont enchanté.e.s.
  4. Iels sont enchanté(e)s.
  5. Iels sont enchanté·e·s.

La première version est prononcée comme le serait « enchantées » sans majuscule.

Dans la deuxième version, le mot enchanté-e-s est incompréhensible.

Dans les trois dernières versions, le « e » est prononcé distinctement, elles nous conviennent donc toutes les trois d’un point de vue accessibilité.

Cependant,  la graphie « é(e)s » est critiquée par certains qui considèrent qu’elle « met les femmes entre parenthèses », qu’elle implique une hiérarchie. Les points médians ont l’avantage d’être neutres typographiquement.

Nous avons donc choisi d’utiliser la graphie « é.e.s » pour notre magazine 🙂

Nous choisirons donc soit la graphie « é.e.s », soit la graphie « é·e·s » pour notre magazine 🙂