La meilleure série que j’ai vu, de très loin.

Oz

C’est mature, incisif, addictif, violent (dans tous les sens du terme, il faut être prêt à s’en prendre plein la gueule et les sentiments), sans aucun tabou (sur la sexualité, notamment, il ne faut pas oublier que c’est une série HBO), très bien joué, très bien écrit, c’est… plus que de la TV. Oz ne peut pas laisser indifférent. Oz choque, donne à réflechir. Le spectateur est impliqué émotionnellement et intellectuellement, c’est la grande force de la série.

Les personnages sont plus aboutis que dans toutes les séries que j’ai pu voir, personne n’est tout blanc ou tout noir : Tim McManus, l’homme qui a eu l’idée d’Esmerald City et qui en a la charge est à priori un type bien, il veut sincèrement aider les prisonniers ; ça ne l’empêche pas d’être le pire des connards par moments. On est enfermé au milieu des violeurs, des meurtriers, des chefs de gangs, des paumés, en gros la raclure des bas-fonds ; mais on ne peut pas s’empêcher de s’attacher à eux et on se retrouve comme des cons au fil des saisons à avoir ses préférés, à adorer des personnages qui objectivement sont à vomir, et à être littéralement pris aux tripes quand il leur arrive une grosse crasse… Personne n’est épargné, et il vaudrait mieux ne pas trop s’accrocher aux personnages, mais franchement, c’est impossible. Quand un personnage arrive à Oz, il est impossible de savoir s’il est là pour 3 saisons, 3 épisodes ou 3 minutes. Parfois, on s’attarde sur un personnage pendant quelques épisodes, juste le temps nécessaire pour s’y attacher, puis il meurt bêtement, pris dans une bagarre qui ne le regardait pas.

Adebisi & Kareem Saïd

Ce que j’aime, c’est que la série ne cherche jamais à justifier leurs actes, à leur chercher des excuses. Ils sont tous coupables (ou presque), il n’y a pas de doute là dessus. Quand ils arrivent en taule, on les voit commettre le crime qui les a fait condamner. Ce sont des criminels, point. Maintenant, qu’est-ce qu’on peut en faire ? Est-ce qu’ils sont des monstres irrécupérables ou est-ce qu’ils peuvent se réinsérer dans la société ? Oz ne nous apporte pas une réponse toute faite et toute naïve, et franchement, à la fin de la série, j’étais encore moins fixée qu’au départ (et le film Boy A n’a pas vraiment arrangé les choses).

On « arrive » à Oz en même temps que Tobias Beecher, un type normal qui est là plus par malchance qu’autre chose, et c’est notre porte d’entrée dans Em City, le seul moyen de s’identifier un peu au départ… Et puis, une fois qu’on a regardé les 6 saisons, qu’on a passé quelques années avec eux, on se rend compte que notre regard a totalement changé, et qu’on a évolué tout autant que Toby. On a le sentiment d’avoir été un des leurs, et on en est plutôt fier.

Rien que pour les Adebisi, O’Reily, Kareem Saïd (le type le plus charismatique que j’ai jamais vu, sans aucune hésitation), Augustus Hill, Miguel Alvarez, Doctor Nathan et Sister Peter Marie, Oz mérite le détour !

O'Reilly, Schillinger, Miguel Alvarez, Tobias Beecher, Adebisi & Augustus Hill