La visualisation de données en vidéo

Je viens de tomber sur cet article du blog du webdesign : Inspiration : 10 visualisations de données en motion design

Alors, effectivement, la visualisation de données en vidéo, ça a ses avantages : c’est dynamique, ça offre pas mal de libertés, mais…

  • Sans son, la plupart des vidéos sont inexploitables. Essayez avec la première vidéo de l’article, c’est flagrant ! Vous n’avez pas d’enceinte ? Vous êtes sur votre lieu de travail ? Vous êtes sourd ? Tant pis pour vous. À chaque fois que vous utilisez une vidéo (ou une source audio), mettez à côté une transcription écrite, ça facilitera la vie de tout le monde. Oui, c’est plus long, mais c’est le prix à payer pour offrir du contenu de qualité et accessible.
  • Il est difficile de représenter une grosse quantité de données de manière dynamique dans un court laps de temps. Donc, parfois, seule une partie de l’information est disponible. Dans la deuxième vidéo par exemple, on nous montre la répartition des utilisateurs de Pinterest en fonction de leur âge :
    Visualisation vidéo
  • Ok, c’est intéressant, mais quelle est la répartition dans la population totale ? Est-elle très proche, ou Pinterest a-t-il une pyramide des âges totalement différente ? En tant que telle, l’information n’est pas réellement exploitable. Mettre un complément d’information à disposition peut être très utile (dans ce cas, l’information est trouvable facilement par n’importe qui, mais ça n’est pas forcément toujours le cas).
  • Sans musique la vidéo peut manquer de rythme, mais certains choix peuvent vraiment repousser… Et sans parler de qualité de la musique ou de goût, une musique trop « présente » et / ou avec des paroles peut détourner l’attention du contenu principal.
  • Les contenus audios et vidéos ont un défaut en commun, ils nous imposent un rythme, souvent trop rapide, ce qui peut empêcher de comprendre ou de retenir l’information. Par exemple, si vous avez réussi à lire, comprendre et retenir tout le contenu de la vidéo sur l’histoire de l’iPhone sans mettre la pause une seule fois, bravo, j’ai personnellement coupé la vidéo au bout de 37 secondes. Dans la vidéo Telefónica Infographic – Antenas 1, on nous montre le pourcentage de la population mondiale qui détenait un téléphone en 2002, puis le pourcentage pour 2010. Les deux chiffres sont ensuite affichés côte à côte, afin de pouvoir les comparer d’un seul coup d’oeil :Visualisation vidéo
  • Il est difficile de retrouver après coup une information précise, faute d’outils de recherche à l’intérieur d’une vidéo. Il est également compliqué de traduire un contenu dans une langue qu’on ne comprend pas.
  • Il faut également prendre en compte la difficulté de produire un contenu de qualité : en plus des données pertinentes, il faut que les éléments graphiques, l’animation, la narration (les accents, le rythme, la prononciation…), la capture (ah, le son inimitable des micros de webcam…), l’export etc soient au niveau.

La plupart des choses que je liste ici peut paraître évidente, mais étant donné que la majeure partie des vidéos que je regarde, y compris celles qui sont encensées de tous les côtés, contient au moins un des défauts cité ci-dessus, ça ne fait pas de mal de rabâcher un peu 😉

Malgré cette longue liste de défauts possibles, je continue de penser que la vidéo peut être un support intéressant, notamment pour la visualisation de données. Il suffit de prendre quelques précautions pour s’assurer d’avoir un rendu de qualité et accessible à tous dans de bonnes conditions !

Pour la peine, voici une vidéo qui explique la crise économique des subprimes que j’avais beaucoup aimé à l’époque de sa parution :