La Horde du Contrevent

Ce livre, je l’ai un peu acheté par défaut. Seul disponible sur les 3 qu’on m’avait conseillé, il ne me tentait pas le moins du monde après avoir lu le résumé et feuilleté les premières pages.

J’ai dévoré le premier tiers de La Horde du Contrevent en une nuit. Après quoi j’ai lu au compte goutte, parce qu’il n’est pas énorme, qu’il n’y a qu’un tome, et que je n’avais pas envie de le finir pour en avoir toujours à lire. Même si je mourrais d’envie de connaître la fin !

Ce n’est pas un livre facile, Alain Damasio a un style bien à lui, qui peut paraître alambiqué quand on commence à lire, mais qui fait partie intégrante de l’univers…

Et quel univers ! Là il n’est pas question de château, de roi, de trahison et de vengeance, c’est trop classique ! Non, Alain Damasio a bâti un univers sur du vent, sur le vent. Du slamino au choon en passant par le furvent, la Horde va tous les rencontrer, les contrer, en quête de l’Extrême-Amont, l’origine de tous les vents. Et la horde, ça n’est pas n’importe qui, c’est 23 personnes, avec chacun un rôle bien défini et ayant tous leur importance, de Golgoth le Traceur à Coriolis la Croc, en passant par Talweg le Géomaître, Oroshi l’Aéromaître et Caracole le Troubadour. Le narrateur est d’ailleurs à tour de rôle chacun des membres de la Horde, et si c’est un peu déconcertant durant le premier chapitre, c’est au final le seul moyen de donner le point de vue de chacun, et Alain Damasio gère cette écriture schizophrénique avec une habileté déconcertante.

Si la forme de La Horde du Contrevent est intéressante, avec la numérotation à l’envers (le livre finit page 1), et les glyphes pour signaler quel personnage est le narrateur du paragraphe en cours ; c’est le fond qui m’a vraiment impressionné. De la première à la dernière page, on est entraîné dans l’univers du roman, on fait partie de la Horde, on rit avec eux, on souffre avec eux, et on a au moins autant envie qu’eux d’atteindre l’Extrême-Amont.

Tout le livre repose sur cette quête ; ils sont la 34ème Horde à tenter d’atteindre cet endroit mythique, en essayant de découvrir au passage les 3 dernières formes de vent. La Horde de Golgoth est la plus rapide des 34, mais cela suffira-t-il à réussir là où tous les autres ont fini par abandonner ou laisser leur vie ?

Le roman est long mais jamais trop. Je n’ai pas trouvé de passage moins intéressant que les autres, je n’ai jamais espéré que la fin d’un chapitre viendrait. J’ai par contre mes deux moments favoris dans le livre : la joute verbale à laquelle Caracole prend part, durant laquelle il jongle avec les mots, les lettres, les sonorités d’une manière absolument fascinante ; et la fin du livre, quand… Je vous laisse la surprise 🙂

La Horde du Contrevent fait partie de mes livres préférés, de ceux qui ont changé ma vision des choses, et que je relis avec plaisir.