interstellar

Cette critique contient des spoilers, lisez la à vos risques et périls 😉

Bon, je ne sais pas trop comment noter Interstellar… Si je m’arrête à la première heure et demi, je met 8. Si je note uniquement la suite, je met 2. C’est un peu gênant.

Ce n’est pas de la déception, puisque je n’en attendais pas grand chose. Ayant adoré Gravity et n’étant pas particulièrement fan de Nolan, j’étais curieuse de voir Interstellar, mais je ne l’attendais pas comme le messie.

Bref, entrons dans le vif du sujet : McConaughey est bon, sans surprise ; en revanche Anne Hathaway n’est jamais convaincante. Techniquement, c’est très bon, c’est superbement filmé, la musique est bien gérée, les quelques plans de silence absolu sont superbement angoissants… Bref, Nolan est un bon réalisateur, pas de doutes là dessus.

J’ai quelques doutes sur ses qualités de scénariste en revanche. Le film commence très bien, l’idée de la Terre condamnée à moyen terme, le « retour aux sources », l’immense besoin d’agriculteurs et l’inutilité des « professions intellectuelles », c’est exactement le genre de postulat de départ pour un film de SF qui me plaît. Oui mais.

interstellar 2

L’idée du trou noir, de l’expédition, des planètes plus ou moins hostiles, c’est excellent, même si  au moment de présenter le plan A et le plan B, j’ai senti venir le coup foireux. Aucune idée précise de ce qui clochait, mais je sentais qu’on ne nous disait pas tout.

Les réactions des personnages, leurs états d’âme, leurs doutes et leur peur sont très bien exploités dans le film,  comme par exemple les sentiments de Brandt pour Rubens qui la poussent peut être à faire le mauvais choix… En revanche, le fait qu’elle insiste à plusieurs reprises sur le fait que le Dr. Mann (Matt Damon) est le meilleur d’entre eux lui colle une énorme flèche au dessus de la tête qui dit « hey ! Je suis sûrement le méchant ! »

Non, vraiment, l’écriture des personnages est excellente, toute l’exposition est parfaitement gérée, la réaction de Murph… D’ailleurs, la scène des enregistrements qui a fait chialer une bonne partie de la salle, moi comprise, est parfaite de ce point de vue là. Au moment du départ, Cooper est sûr de revenir, et il ne réalise pas vraiment ce que peut impliquer sa mission : il dit à sa fille “si ça se trouve, on aura le même âge quand je reviendrais”… Et au final, en revenant de la 1ère planète, il visionne les 23 ans d’enregistrements, et BAM, il réalise que rien n’est gagné, que sa fille a déjà son âge, qu’il a raté la vie de ses enfants… C’est un détail, mais le fait qu’on voit le bébé, Jesse, et qu’ensuite le fils de Cooper dise que « Tu sais, ça a été difficile, avec Jesse et tout » sans en dire plus, j’ai trouvé ça parfait. Il n’y a pas besoin d’expliciter, cette scène n’est pas tire-larmes. C’est une scène à la fois très émouvante et très dure. Et elle est parfaitement écrite.

J’ai été projetée hors du film au moment du trou noir et de la bibliothèque. Tout l’imbroglio scientifico-psychologique m’a laissée de marbre. C’est dommage, tout le reste me plaisait beaucoup.

Je tenterai peut-être de revoir le film un jour, pour voir si ça n’était qu’une question de fatigue et de mauvaises conditions de visionnage.